Il n'y a pas d'orthodoxie en matière de surréalisme. Il ne peut pas y en avoir .
Ma peinture longtemps fut définie comme surréaliste mais c'était une erreur ; il n' y a pas de peinture surréaliste pas plus qu'il n'y a de peintre surréaliste de poète surréaliste ou d'autre forme de création liée à une école, à un académisme, à une église « surréaliste« .
A la limite, je dirai qu'il y a des surréalistes peintres des surréalistes poètes, des surréalistes vanniers, des surréalistes plombiers etc....( mais sûrement pas de peintres surréalistes, de poètes surréalistes, de vanniers surréalistes de plombiers surréalistes etc....)
Je ne suis pas un peintre surréaliste, je ne le serai jamais, car ce serait un non-sens ...
Dois je me définir c'est-à-dire me limiter, me circonscrire dans un univers bien ba(na)lisé bien fini ( « finis » en latin signifie limite.)
Je cherche à créer un espace illimité de création où ma seule contrainte ne peut être que technique...
Si je reste dans le domaine technique je pense que j'atteindrai très rapidement une barrière infranchissable, car je ne sais peindre que ce qui est mon langage .
Passer outre ces limites techniques serait aller au devant de mon propre langage, celui qui ne s'invente qu'à partir de ma planète personnelle des songes ( mais il y aura toujours l'indicible ce que je ne sais pas peindre même dans mon univers car le langage ne peut exister tant il se heurte à l'inconscient, à la clôture infranchissable de la morale d'airain qui me résiste)
Je ne cherche pas à refaire inutilement ce que d'autres ont fait mieux que moi : pourquoi recréer l'univers de Dali, d'Ernst, de Tanguy. etc...
Faire une œuvre à la façon de Max Ernst, d'Yves Tanguy ou de Salvador Dali ne présente aucun intérêt . Celui qui s'avise à le faire ne fait pas acte de création, mais n'est qu'un faiseur ( faire n'est pas créer dans ce cas)
Le surréalisme n'existe pas dans une esthétique, ni dans une mode , ni dans une plastique.
Je considère qu'il est sans limite et qu'il est en devenir en (ré)création permanente, mais là on dépasse la notion même de surréalisme et au bout du compte, seule la création peut avoir un (certain) sens .
La création seule compte si elle est novatrice, à la fois pour celui qui crée ET pour celui qui regarde ( ce dernier crée une sensation, une interprétation et un intérêt/désintérêt qui n'appartiennent qu'à lui .L'émetteur et les récepteurs sont habi(li)tés à donner du sens ou à ne pas en donner : chacun est libre ...
Aucune création n'est figée, et celui qui s'en tient à se répéter sans cesse, à faire toujours la même chose parce que « ça marche » parce que « ça plait » n'est qu'un faiseur.
La création est une exigence de découverte permanente de la nouveauté :rien ne remplacera la nouveauté quand il s'agit de création « surréaliste » c'est-à-dire de création permanente, d'évolution permanente, de révolution permanente.
En ce sens, l'évolution, la création ne peuvent exister sans engendrement permanent : cet acte est particulièrement prenant, je dirais même dangereux car il y a danger à ne jamais s'installer dans le confort conformiste de l'habitude...
Pour moi, le surréalisme ou plus précisément la création ( le surréalisme n'étant qu'une simple étiquette si facile pour nos esprits d'entomologistes) ne peut et ne doit procéder que d'une démarche sans cesse renouvelée : c'est en cela que l'effort de création peut être si périlleux, et ne conduire qu'à la recherche continue comme fin en soi, comme quête difficile mais nécessaire dans ce monde qui ne se satisfait que d'approximations, d'imitations et de vulgarisations éphémères et factices...
Mais il est à la fois dangereux et tellement salutaire de se pencher à l'intérieur ... de soi!
Il est d'autres définitions que je souhaite livrer ici :
- C'est beau, c'est laid : aucun tableau ne peut se définir par une quelconque esthétique; « beau » « laid » par rapport à quoi, à quel critère ?
Ces notions sont encore plus subjectives dans le non figuratif ( qui d'ailleurs n'est qu'un leurre)
- On dirait, ça rappelle, je pense à :
Ce type d'expressions limite la recherche et porte un arrêt brutal au regard
En essayant de définir ( DE-FINIR) , on cesse de voir.
Le but d'une image étant d'imaginer, on cesse toute activité pour se rattacher à un repère rassurant. La plupart du temps, mes images naissent de dessins automatiques, et toujours sûrement d'une interprétation de la réalité .
-C'est de l'huile de l'acrylique...?
Encore une question sans intérêt : la technique, le médium, la « façon » n'ont aucune influence sur mon but, sur mon intention !
Sur l'intention picturale...
Une photographie, une vidéo peuvent très bien remplir ce rôle.
Peindre à l'huile à l'aquarelle, au fusain, au pastel, photographier, filmer, coller etc... tout cela passe au second plan
Seule importe l'image et l'émotion
-Les titres n'ont rien à voir
Mes titres ont une utilité fonda-mentale : créer une figuration fugace de l'univers inventé par chacun, créer un partage personnel où chacun s'exprime en fonction de ce qu'il voit, de ce qu'il perçoit, de ce qu'il veut percevoir .
Le peintre « tableauiste » doit savoir se libérer de la notion de propriété car le tableau qu'il a créé ne lui appartient pas : il est une propriété commune dés lors qu'il le met en scène...
Les titres ne sont déroutants que pour ceux qui regardent sans rêver et qui ne veulent pas s'approprier du tableau .
Quand j'expose, je me débarrasse de l'image et je fait partager à ceux qui veulent bien la voir ( l'avoir)
-qu'est-ce que cela représent ?
Mes rêves Vos rêves . Rien en particulier . Tout en particulier . Tout en détail .
Tout en ensemble Etc...
Tel peintre vous a inspiré !
Puisqu'on y est, on peut parler de plagiat !
En fait, chacun a son esthétique,créative , son monde son univers, sa planète ...
Vouloir voir l'influence de tel ou tel, c'est refuser au peintre , à l'artiste son propre droit à créer.
C'est d'office lui ôter toute légitimité, en tant que créateur chercheur diffuseur.
Pour celui qui regarde à la « va vite », c'est se rassurer en se rattachant au connu ou pire...à l'acceptable
En fait l'originalité est inacceptable pour certains, alors que créer peut être révolutionnaire dans ce que cela doit avoir de ...dérangeant !
-je ne vois pas l'intérêt de ces définitions, je n'ai pas envie de me « prendre la tête »
En qualité de créateur de ces images, je revendique le droit absolu de donner quelques clés et quelques facilités de lecture et de décryptage.
Ma peinture est un langage poétique, il faut apprendre à lire alphabet de ce langage.
Mon but est donc d'ouvrir cet univers à la compréhension et d'être une étape pour ceux qui à partir de cet univers se créent le leur.
Ceux qui n'ont pas besoin de ces définitions soit entrent du premier coup soit passent complètement à côté.
Tout le monde est libre de passer à côté
Ceux qui sont insensibles à mes poèmes ( les plus nombreux) passeront leur chemin sans mot dire (maudire)